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22.06.2008
Un nouveau Conseil d’administration pour la BCC

Henri Amouzou (président du comité de gestion du fonds de développement et de promotion des activités de la filière café-cacao,FDPCC), Lucien Tapé (PCA de la Bourse du café-cacao, BCC), Mme Angeline Kili (PCA du Fonds de régulation du café-cacao, FRC)… ont été arrêtés et déférés à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) dans l’enquête sur le détournement de fonds dans cette filière. Vous qui avez été l’une des premières personnes à dénoncer ces faits, quel commentaire faites-vous ?
Il leur a été reproché plusieurs choses dont le détournement de fonds, l’argent de tous les producteurs ; il faut qu’ils répondent. Ce sont des gens qui ont été élus pour une période de trois ans. Depuis la création de la Bourse du café-cacao (BCC) en 2001, il n’y a eu aucune assemblée générale. Suite à une révolte des producteurs en 2005, le chef de l’Etat a une rencontre avec nous et a pris un décret après pour les reconduire pour une période exceptionnelle d’un an non renouvelable. C’est arriver à expiration le 27 février 2007. Au vu de tout cela, les producteurs ont pris leur responsabilité. Ils ont organisé des Assemblées générales extraordinaires en août et sept 2007. Les dirigeants, nous les avions invités pour rendre compte de leur gestion mais ils n’étaient pas venus. Nous avons alors décidé d’élire de nouveaux administrateurs qui se sont réunis pour désigner leur président. C’est de cette Assemblée générale que nous avons dénoncé leur mauvaise gestion. Le chef de l’Etat a entendu nos cris. Nous nous en réjouissons et le félicitons. On a été installé en octobre mais compte tenu de la sensibilité de l’enquête, il nous a été demandé de nous retirer d’abord. Mais dès la semaine prochaine, nous allons prendre fonction. Nous encourageons la justice et nous lui demandons d’aller jusqu’au bout.
C’est-à-dire !
A la fin de l’enquête. Il n’y a pas que Amouzou, il n’y a pas que Lucien Tapé, il n’y a pas que Mme Angeline Kili; il y a des directions, un ensemble de travailleurs réunis à l’intérieur. Nous demandons un éclaircissement complet. Mais je précise que ce n’est pas les personnes qui nous intéressent. Nous voulons savoir ce qu’ils ont fait du bien commun qu’on leur a confié.
Quelle preuve avez-vous de leur mauvaise gestion ?
S’ils ont été déférés c’est parce qu’ils n’ont pas pu convaincre la justice sur les faits qui leur sont reprochés, prouver leur innocence. Ce n’est même pas une question à poser. C’est comme si vous mettez la justice en cause. Si l’on reproche des choses à ma gestion, devant la justice il me suffit de sortir les documents et démontrer que je ne suis coupable de rien. Mais si on me garde, c’est que quelque part la justice a raison. Donc la justice fait bien son travail.
Ce sont quand même des personnalités influentes de la filière. Ne craignez-vous pas une déstabilisation ?
Influence par rapport à quoi et à qui ? Ils ne sont pas des propriétaires de la filière. C’est les membres (de la BCC) qui ont voulu qu’ils gèrent. Ils temporaires, ils sont passagers. Ils pourraient continuer à assumer leurs fonctions si les reproches étaient faux. Les nouveaux conseils d’administration (au niveau de chaque structure) installés sont en train de souffrir de leurs maux parce qu’il y a une enquête. Aujourd’hui, il y a un vide. Des gens ne travaillent pas. Je voudrais souligner au passage que l’Etat ne peut pas s’ingérer dans l’affaire de nomination des administrateurs. Ce n’est pas possible parce que c’est une affaire privée qui ne concerne rien que les producteurs. Et les producteurs ont déjà choisi les remplaçants qu’il faut et nous invitons la justice à regarder dans ce sens. Nous sommes très pressés que ça prenne fin. Les producteurs sont heureux, très heureux. C’est un péché pour lequel qu’ils sont en train de payer.
Vous envisagez de prendre fonction dès la semaine prochaine. Qu’est-ce qui va changer ?
Nous avons une politique que nous ne pouvons pas dévoiler maintenant. Le jour de notre prise de fonction, nous allons en parler longuement.
A combien estimez-vous le détournement ?
Un audit est en cours. Le moment venu nous seront tous informés. Mais d’après nos investigations, des recettes ont permis d’acquérir des sociétés par exemples. On a nous dit qu’on est action dans des sociétés, mais on ne nous a jamais fait de bilan ; on ne nous a jamais versé des dividendes.
Et la justice les blanchit après !
Le fait d’aller devant la justice et de passer 15 jours en prison n’est pas responsable. Ils sont déjà griller de la liste des producteurs.
Entretien réalisé par Alerte info
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